Témoignages d’anciens élèves

Baptiste 2015/2016 Khâgne Malherbe, Caen

Quel plaisir d’avoir des nouvelles de Quimper ! Bien sûr, je ne vous ai pas oubliés ! Cette année reste et restera des plus riches à mes yeux, elle marque un réel passage dans ma vie, une année de transition, une année particulièrement heureuse aussi.

Cette année, après une khâgne à Caen je suis en L3 de Lettres Modernes à Brest, ravi de pouvoir poursuivre le Français sur d’autres chemins. Je crois avoir trouvé quelque chose qui me plait vraiment, même si les autres matières me manquent, l’histoire et la philosophie en particulier.

Marine 2014/2015 IEP Rennes

Après la prépa je suis entrée à Sciences po Rennes. J’ai fait ma troisième année à l’étranger à Hong Kong, ce qui m’a donné envie de travailler dans le business development et les startups à l’étranger. J’ai donc fait ma première année de master à Rennes en management. Cette année je vais obtenir mon diplôme de sciences politiques mais j’ai décidé pour finir mon cursus de faire un master à l’ESCP Paris en International Project Management.

J’avais du mal à voir au-delà de la prépa quand j’y étais, maintenant je sais que c’est une année qui m’a vraiment aidée pour la suite de mes études.

Médéric 2014/2015 Khâgne Renan Saint-Brieuc

Comment oublier cette année passée à Cornouaille ? Elle fut sûrement l’année la plus accomplie de ma scolarité !
Après avoir obtenu un Master 2 Recherche en Histoire Sociétés et Cultures à l’Université de Rennes 2 l’an passé, j’ai entamé cette année la préparation au CAPES d’Histoire Géographie et à l’Agrégation d’Histoire. Je suis donc en "MASTER 1 MEEF Histoire/Géographie" et en "Préparation à l’Agrégation d’Histoire" à l’Université de Rennes 2.

La lettre d’Emilie à l’attention des futurs hypokhâgneux… surtout de ceux qui hésitent !

J’étais en section littéraire au lycée, et je me sentais à ma place dans cette voie. Aller en hypokhâgne était une chose qui m’avait toujours parue inaccessible, malgré mes résultats scolaires plutôt satisfaisants. Une amie qui était en prépa m’a pourtant convaincue du contraire, insistant sur le fait qu’en travaillant sérieusement je pouvais y arriver, que de plus, ce serait une voie que j’aurais choisie et dans laquelle je pourrais alors m’épanouir.
J’ai finalement décidé de mettre Hypokhâgne en deuxième vœu le premier étant un DUT en journalisme dont j’ai manqué le concours à cause de l’entretien oral.
Contrairement à ce que l’on raconte, les études de Lettres Supérieures ouvrent bien des portes ! Elles me permettaient également de devenir journaliste. J’ai par ailleurs pris conscience de toutes les voies auxquelles elles permettent d’accéder : la faculté via des ponts ou équivalences , ce qui offre la possibilité de passer directement en 2ème année (Lettres, Langues, Histoire, Géographie, Philosophie…)… Mais l’enseignement que l’on reçoit ainsi que les méthodes d’apprentissage et d’application nous permettent d’avoir un peu plus de facilités et de mieux gérer notre travail dans les autres licences telles celle de Droit, d’Art… Ensuite, la classe préparatoire de Lettres nous prépare aux concours de grandes écoles comme l’ENS, et tant d’autres. Cependant, elles ne nous cantonnent absolument pas à ces deux types de parcours. Nous pouvons tout à fait choisir de partir en DUT, BTS, MANA ou autres formations… C’est à nous de choisir notre parcours, de trouver ce qui nous correspond. Bien sûr, si la première année nous plait et nous réussit, la suite du chemin se trouve en Khâgne !
Sur ce point, cette année d’étude m’a été d’une aide précieuse. Avec ce que j’ai appris, les personnes que j’ai rencontrées, et au vu de mes résultats dans certaines matières, ainsi que de l’intérêt que je leur portais (il faut savoir que la prépa nous fait parfois redécouvrir des matières, tant l’enseignement est différent ! On est confronté à des études qui ne sont plus aussi scolaires qu’au lycée.) je me suis aperçue que le journalisme n’était pas complètement fait pour moi. L’Art –abordé dans différentes matières- les Langues et le Français m’intéressaient de plus en plus. J’ai découvert la Culture Antique qui m’a passionnée, et le Grec. Je n’en avais jamais fait et j’en ai compris toute l’utilité. Toutes les matières étaient traitées de manière à ce que je sois happée par ce qui était dit. J’ai aussi pris conscience que je ne réussissais pas vraiment en Philosophie, alors que c’était le cas au lycée. Cela permet d’affiner son choix. Quant à moi, j’ai pris la décision de partir en BTS tourisme, avec d’énormes bagages pour réussir ! D’autres motifs personnels m’ont conduit dans cette voie, plutôt que dans une autre. (Et pour la petite parenthèse, je n’y suis restée qu’un mois car je m’y ennuyais. Ce n’était pas pour moi. Je suis à ce jour une formation en kinésiologie, comme quoi après hypokhâgne, tout est possible !)
Il faut tout de même dire que ce fut une année assez difficile. Un train est en marche, qu’il faut rattraper. Le rythme est soutenu, intensif. Il faut donc apprendre à s’organiser. Une fois qu’on l’est, c’est beaucoup de gagné ! Nous sommes soutenus par les enseignants, voire les amis et la famille. A Cornouaille, l’ambiance n’est pas à la compétition, ce qui favorise la bonne entente et limite le stress. Il y a pas mal de livres à lire et à mémoriser au mieux, de dissertations, d’analyses, d’exposés, de vocabulaire à apprendre. En plusieurs occasions j’ai failli craquer, et je n’étais pas la seule. Je pensais que je n’étais pas capable de faire cette année, que je coulais, que les professeurs me surestimaient. Ils m’ont alors poussée vers l’avant, m’ont encouragée et j’ai obtenu des résultats qui m’ont prouvé que je pouvais y arriver. Faire Hypokhâgne, c’est repousser ses propres limites. C’est donc normal de trouver tout cela dur, et de penser que l’on n’est pas à la hauteur. Et pourtant… J’ai compris, alors que je n’aie pas confiance en moi, que j’étais capable de bien plus que je ne le pensais !
Afin de contrer quelque rumeur, je tiens à dire que faire hypokhâgne ne rime pas avec le fait de ne plus avoir de vie sociale. Au contraire, je suis beaucoup sortie cette année-là. Je me suis beaucoup amusée en parallèle, ce qui est essentiel pour réussir l’année. Il faut souffler. Ce peut être purement pour s’amuser, ou bien mêler cela à l’intellect : sortir au musée, au théâtre, etc. De plus, nous avons, la classe et moi, eut l’incroyable chance de faire un voyage en Grèce en passant par Venise, ce qui nous a beaucoup instruit tout en nous divertissant.
Quoi qu’il en soit, cette année fut pour moi un véritable enrichissement. J’ai gagné en autonomie (loin de chez moi, avec de nouvelles personnes, une nouvelle façon de travailler, d’apprendre la vie), en intellect, en rigueur, ma curiosité s’est accrue. De plus, indiquer sur le CV que l’on a fait Lettres Sup est toujours un plus .
C’est pourquoi je conseille vivement de faire cette expérience. Elle en vaut vraiment la peine. Vraiment. C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre dans ma vie. J’irai même jusqu’à considérer que la voie littéraire est la plus importante. Elle aide à nous forger en tant qu’ être humain. A ouvrir notre esprit, à prendre conscience des réalités de ce monde, à réfléchir, à savoir ce qu’on aime vraiment et à nous connaître un peu mieux.

Bien à vous,

Emilie


Caroline M 2011-2012 Khâgnes Guist’hau, Montesquieu, IEP Bordeaux

Je tiens à vous l’assurer ; en aucune façon il n’est possible d’oublier cette merveilleuse année d’étude à Cornouaille.

Pour ma part, j’ai beaucoup voyagé suite à cette année d’Hypokhâgne puisque l’année suivante je suis allée faire ma Khâgne option Philosophie à Nantes, au Lycée Guist’hau. Mais cette année-là fut particulièrement difficile pour moi et c’est après de longues négociations que j’ai pu faire une khûbe au Lycée Montesquieu du Mans, option Histoire-géographie.

Le programme de l’ENS était réellement passionnant. Je me souvient particulièrement de l’étude des œuvres "Les Tragiques" de Agrippa D’Aubigné et "Dans la solitude des champs de coton" de Koltès. Et puis surtout, en Géographie, nous avions au programme "L’Afrique Australe" qui a été déterminant par la suite puisque sur les encouragements du professeur, j’ai présenté un dossier d’entrée au Master "Politique et Développement en Afrique et dans les Pays du Sud" à Sciences Po Bordeaux.

A ma grande surprise, j’ai été admise et j’ai passé deux années à Bordeaux, avec une promotion d’une trentaine d’étudiants venus du monde entier à travailler sur la recherche en Sciences Politiques sur des sujets africanistes ou sud-américains. Il y avait dans la promotion une dizaine de nationalités (Gabon, Mozambique, Congo, Argentine, Colombie, Grèce, Espagne, Côte d’Ivoire, Maroc, Allemagne...) et c’était réellement motivant et stimulant. Nous avons rencontré notamment le président du Ghana d’alors, John Dramani Mahama, et d’autres personnalités et chercheurs africains. Et la dernière année, en 2016, j’ai travaillé avec une équipe d’une dizaine de personnes d’autres Masters sur le développement d’une application de comptabilité pour les commerçants du secteur informel de Dakar.
Suite à cela, j’aurais dû trouver un stage probablement en Afrique, pour finaliser mon cursus, mais des soucis de santé m’ont conduit à postuler en France, un peu par hasard, à une offre de stage plutôt nébuleuse, pour une entreprise du CAC 40 qui se nomme Atos et qui est dans le secteur de l’IT. En fait, j’ai intégré pendant 6 mois l’équipe mondiale de RH/Workforce Manager de la plus grosse division de l’entreprise. Là , j’ai travaillé avec une équipe internationale sur la co-construction et l’implémentation de la stratégie RH du groupe dans tous les pays - Atos a des bureaux dans 72 pays - et j’ai surtout appris à travailler en anglais et ça, après toutes ces années d’étude à être la dernière en anglais, ça a sans doute été ma plus grande fierté !
A la fin de mon stage, j’ai négocié de poursuivre mon travail avec un contrat VIE (Volontariat International en Entreprise) et je vis depuis un an à Tenerife, aux Canaries et en Janvier, je pars pour une autre année en Pologne, à Bydgoszcz.
Maintenant, je pense qu’avec une Hypokhâgne, il est possible de tout faire et je peux vous assurer que je me suis resservie de chacune des choses que j’ai apprises pendant mon année à Cornouaille, et qu’il s’agit pour moi du fondement sur lequel j’ai construit toute la suite du parcours, qui n’est heureusement pas encore fini !

Caroline S 2011-2012 Paris 7

Six ans après, j’ai toujours un petit pincement au cœur quand je repense à mon année à Cornouaille !
Je suis maintenant à Paris, où je termine mon master de Lettres, Arts, Pensée Contemporaine à Paris 7, avec un mémoire sur la figure de la sorcière dans les performances de femmes (tout un programme !) tout en travaillant dans une galerie où j’anime des ateliers pour les 6-12 ans. Pour la suite, pas de plan précis... Toujours le même refrain avec les métiers de la culture, mais quand on aime, on s’accroche !
Cornouaille m’aura appris à travailler efficacement, à garder la tête froide quand les choses s’emballent, à organiser mon temps et à faire des tas de choses à la fois. Et m’aura fait commencer à lire Proust ! Merci pour ça !

, par Le Proviseur